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Fêtes de fin d’année, toute une histoire !

Les vacances approchent et annoncent bientôt les fêtes de fin d’année ! Noël et la Saint-Sylvestre sont l’occasion de se réunir et de manger copieusement, c’est aussi le moment où l’on s’offre des cadeaux. Mais depuis quand nous réunissons nous ? Voici une explication de ces traditions multiséculaires.


La plus vieille preuve historique de Noël 

Avant de devenir une fête principalement laïque, Noël est avant tout une fête chrétienne, qui apparut à Rome. Le jour de naissance exact de Jésus étant indéfini, l’Église utilisa alors une fête païenne bien connue pour fêter la Nativité. Dans le calendrier julien, chez les romains, le 25 décembre était la fête de la naissance du Sol Invictus (le Soleil Invaincu). C’est à cette même période (21 ou 22 décembre) qu’a lieu le solstice d’hiver, la nuit la plus longue de l’année.


La première preuve historique d’une célébration de la naissance du Christ date de l’an 336.
Nous le savons grâce au Chronographe 354, un manuscrit du IVe siècle de notre ère, écrit par le scribe Furius Dionysius Filocalus. Il s’agit d’un calendrier illustré écrit en 354, mélangeant fêtes chrétiennes et païennes. Il comporte la date de la plus ancienne célébration de la naissance de Jésus Christ : 25 décembre 336.

C’est d’ailleurs en l’an 354 que le pape Liberius institua le 25 décembre, comme fête de la nativité. La fête de la nativité, du latin natalis, est devenue nael en francique et plus tard, « Noël » en français.

Couverture du Chronographe 354

Les « Douze Jours » : ancêtre des vacances de Noël


Il s’agit de la période entre Noël, le 26 décembre et l’Épiphanie (le 6 janvier). Ces jours étaient marqués par la Trêve de Noël avec la suspension de toute activité guerrière. Ces douze jours furent définis en l’an 567 par l’Église. 

Ces 12 jours et 12 nuits sont dédiés aux fêtes et divertissements en famille, entre amis et voisins. Les Douze Jours ne sont plus d’actualité, et on parle simplement des « Fêtes » pour parler de la période entre Noël et le 2 janvier.

Qu’on ripaille à plein ventre !!

Le décalage du nouvel an

Pieter Brueghel le Jeune - La Fête de Village | Hieronymus bosch, Brueghel  l'ancien, Tableau renaissance
Peinture de Brueghel le Jeune – “La fête de village

En janvier 1564, Charles IX, âgé de 13 ans, tout juste couronné, débute un tour de France en compagnie de sa mère, la reine Catherine de Médicis. 

Elle souhaite lui faire découvrir son royaume et montrer au peuple le visage de son nouveau souverain. Cette cour itinérante est gigantesque, entre 12 000 et 15 000 personnes. Un arrêt est prévu en juin-juillet à Lyon, mais la ville est touchée par la peste. L’immense cortège, contourne la capitale des Gaules et se réfugie dans la ville de Roussillon, à 50 km au sud. La cour y reste pendant un mois.



La cour à l’époque est très mobile, le roi se déplace avec tous ses conseillers, le mobilier et les tentures sont à chaque fois déplacés. Bien qu’il soit en voyage, le roi continue à diriger son royaume et la vie politique se poursuit.

Le 9 août 1564, le roi signe l’édit de Roussillon. L’article 39 de l’édit de Roussillon, préparé par le chancelier Michel de L’Hospital, instaure le 1er janvier comme le premier jour de l’année dans tout le royaume de France. 

Michel de L’Hospital, Chancelier de France

Avant cet édit, chaque région avait un jour de nouvel an différent, en général c’était soit le 25 décembre ou le 25 mars.
Pourquoi le 25 mars ? C’est 9 mois avant la naissance de Jésus, jour fixé par l’église comme étant celui de l’Annonciation.
En 1622, le Pape instaure le 1er janvier comme début de l’année dans tous les pays catholiques.

Depuis cette période, nous fêtons Noel et la fin d’année aux mêmes dates, mais pas forcément de la même manière, l’aspect religieux s’est depuis considérablement atténué. Mais la tradition du sapin demeure toujours.

Le sapin de Noel : cinq siècles d’histoire

En France, la première référence à un sapin de Noël date de 1492.

Le livre de compte de la Cathédrale de Strasbourg mentionne, en 1492, l’achat de 9 sapins pour les 9 paroisses de la ville, il ne s’agit pas de sapins pour célébrer Noel mais pour fêter la fin d’année.

En 1521, le comptable de la ville de Sélestat inscrit dans le livre des comptes de la ville une dépense de 4 schillings pour rémunérer les gardes forestiers, chargés de surveiller les sapins de la forêt communale. Il ajoute que les habitants de la ville pourront prélever gratuitement un sapin, afin de le décorer « comme cela se pratique depuis des temps immémoriaux… ». On peut en conclure que cette tradition est bien plus ancienne.

Le 10 mai 1871, la France et l’Empire Allemand signent le Traité de Francfort, qui met fin à la guerre franco-prussienne enclenchée le 19 juillet 1870.

La France doit verser une importante indemnité de guerre (5 milliards de francs-or) et céder des territoires : les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin qui forment l’Alsace, la majeure partie de la Moselle, la partie est de la Meurthe et quelques communes des Vosges, en Lorraine.

A peu près 28 000 Alsaciens émigrent en France et apportent avec eux cette tradition du sapin.

Nous comprenons donc pourquoi les grands sapins et les marchés de Noel sont si importants en Alsace aujourd’hui.

Nous vous souhaitons de bonnes fêtes de fin d’année !!

Article publié le mardi 15 décembre 2020