Accueil » Nos inspirations du moment » Journées Européennes du Patrimoine 2026 : les secrets que cachent nos monuments

Chaque année, les Journées du Patrimoine ont lieu le troisième week-end de septembre. Un barrage, une sous-préfecture, une petite église de village : nous croisons ces lieux sans toujours nous y arrêter. Pourtant, ils racontent des histoires surprenantes, à condition de prendre le temps de les écouter. Un franc-maçon devenu adjoint au maire, une pierre vieille de plus de cinq siècles, un nom de commune hérité d’un marécage disparu… Voici quatre anecdotes glanées dans le patrimoine du Pays de Vire | Collines de Normandie, à redécouvrir les 19 et 20 septembre 2026.

Le barrage du Lac du Gast 🦫

Le Gast : ce nom vient de l’ancien français et désignait une terre inculte. On retrouve d’ailleurs cet héritage dans Noue, la commune nouvelle de Noue de Sienne, elle-même formée à partir de Noe, qui signifiait autrefois terre marécageuse. Sur la carte de Cassini, dessinée au 18e siècle, on peut ainsi encore lire la mention « Noe de Sienne » à cet emplacement.

C’est sur cette terre que le barrage a été construit, en 1987. Il forme aujourd’hui une réserve d’eau potable de 66 hectares. Celle-ci peut contenir jusqu’à 2,4 millions de m³ d’eau et soutient par ailleurs le débit de la Sienne. Sa digue, longue de 220 mètres, est percée en son centre d’une tour par laquelle l’eau s’échappe. Elle poursuit ensuite sa route jusqu’au havre de Regnéville, où la Sienne rejoint la Manche.

À visiter : le samedi 19 septembre, de 10h à 16h30 gratuitement et sans réservation.

L’église Notre-Dame de Vire ⛪

L’édifice que l’on admire aujourd’hui n’est pas le premier érigé sur ce site. Fondée au milieu du 12e siècle, l’église était à l’origine romane, avant d’être détruite au 13e siècle pour laisser place au gothique que nous connaissons. De cette première construction, il ne subsiste presque rien. Presque : en observant bien les détails de l’architecture, on peut encore repérer deux chapiteaux datant de l’époque romane.

À visiter : visite guidée samedi 19 septembre de 14h30 à 16h30, et dimanche 20 septembre de 15h à 17h.

L’église Saint-Laurent de Parfouru-sur-Odon 🌿

Les pierres de dédicace ont largement disparu au fil des siècles. Guerres, Révolution française, usure du temps ou campagnes de reconstruction ont eu raison de la plupart d’entre elles. Il s’agit de plaques scellées dans les murs d’une église, sculptées ou gravées, qui attestaient la date de sa consécration par un évêque, et mentionnaient parfois son saint patron ou le seigneur du lieu.

L’église Saint-Laurent a, quant à elle, conservé la sienne. Datée par les historiens de 1497, elle fait de cet édifice bien conservé un témoin rare. Depuis plusieurs années d’ailleurs, deux habitants du village mènent une étude historique approfondie sur l’église. Les résultats de leurs recherches sont accessibles en ligne.

À visiter : exposition « Ruisseau profond sur Oudon, aux origines du village de Parfouru-sur-Odon », le temps du week-end du patrimoine de 10h à 18h.

La sous-préfecture de Vire 🏛️

Un notable virois au service des eaux et forêts

Avant d’accueillir la sous-préfecture, ce bel hôtel particulier en granit avait été construit sous l’Empire pour Guillaume Cahours, une figure virois aux multiples parcours. Issu de la petite noblesse locale, seigneur de Percy et de Chesfresne, il exerçait aussi la charge de maître particulier des eaux et forêts de Vire, chargé d’administrer les forêts et les cours d’eau de la région.

De la Révolution à la vie municipale

En 1788, à la veille de la Révolution, il achète le terrain qui domine la Vire. Favorable aux idées nouvelles, il devient d’ailleurs capitaine de la Garde nationale en 1793. La Révolution ne l’épargne pourtant pas : il perd alors son statut de noble ainsi que ses fonctions. Il se reconvertit donc dans le commerce. De 1806 à 1817, il est ainsi adjoint au maire de Vire.

Une figure de la franc-maçonnerie viroise

Guillaume Cahours était également franc-maçon. Il avait connu la première loge viroise, La Victoire, fondée en 1764 et disparue avec la Révolution. Il rejoint ensuite La Concorde, créée sous l’Empire et fréquentée par des nobles, des bourgeois et des membres du clergé, réunis autour des idées des Lumières. Guillaume Cahours s’éteint le 13 octobre 1834 à Saint-Martin-de-Tallevende. Quelques années plus tard, le Département rachète son ancien hôtel particulier pour y installer la sous-préfecture.

À visiter : visite libre, du samedi 19 au dimanche 20 septembre de 10h à 12h30 et de 13h30 à 17h.

Tous les lieux à découvrir les 19 et 20 septembre

Au-delà de ces quatre histoires, c’est tout un territoire qui ouvre ses portes le temps d’un week-end. Voici l’ensemble des sites et animations proposés dans le Pays de Vire | Collines de Normandie.

À Vire Normandie :

Dans les communes alentour :

En Suisse Normande :

Dans le Pré-Bocage :

Festival Itinéraire en quête d’artistes

Le week-end des journées du patrimoine est aussi l’occasion de suivre un parcours artistique dans plusieurs communes du Pré-Bocage avec le Festival Itinéraires en quête d’artistes :

Que vous soyez plutôt barrage, château ou petite chapelle de village, il y a fort à parier qu’un de ces lieux vous réserve, lui aussi, sa part de surprise.

Article publié le jeudi 20 août 2026